ABREVIATIONS

adj. adjectif
adv. adverbe
ASK Association Scientifique Kurde (Kor-î Zaniyar-î Kurd )
ASIK Association Scientifique Irakienne-Section Kurde (Kor-î Zaniyar-î 'Eraq- Deste-y Kurd )
Bin. Bingirdî Parler de Bingird (cf. INTR. III)
Bibl. Bibliographie
cf. confer
Erb. Hewlêrî Parler d'Erbil/Hewlêr (cf. INTR. III)
etc. et cetera
Ex. exemple
exc. excepté
fasc. fascicule
Ger. Germiyanî Parler de Germiyan (cf. INTR. III)
H. Hejar poète kurde d'Iran (cf. INTR. IV)
Hê. Hêmin poète kurde d'Iran (cf. INTR. IV.
Hew. Hewramî dialecte de Hewraman (cf. INTR., III)
H.K. Heqayet-î kurdewerî (Histoires populaires kurdes) (cf. INTR. IV)
ibid. ibidem
id. idem
INTR. Introduction
J.G. Jan-î gel (La douleur du peuple) (cf. INTR. IV)
Kd. Kurde
Kirm. Kirmanshayî parler de Kirmanshah (cf. INTR. III)
litt. littéralement
Mck. D.N. MacKenzie (cf. Bibl. II)
Muk. Mukrî Parler de Mukriyan (cf. INTR. III)
p. page
pers. personne
p.ex. par exemple
P.G. Pêkenîn-î geda (Le rire du mendiant) (cf. INTR. IV)
Pij. Pijdarî Parler de Pijdar (cf. INTR. III)
pl. pluriel
pp. pages
Rdz. Rewanduz Parler de Rewanduz (cf. INTR. III)
sc. c'est-à-dire
sg. singulier
Sin. Sineyî Parler de Sanandadj (cf. INTR. III)
Sor. Soran Parlers de la province d'Erbil et du district de Pijdar, comprenant Bin., Pij., Erb., Rdz., Xosh. (cf. INTR. III)
ss. suivants
Sul. Sulêmanî Parler de Suleimani (cf. INTR. III)
t. tome
War. Warmawe Parler de la région de Shahrezûr (cf. INTR. III).
W/E. T. Wahby & C.J. Edmonds (cf. Bibl. IV).
Xosh. Xoshnawî Parler de Xoshnaw (cf. INTR. III)

Abréviations concernant les arbres syntaxiques

A. agent
AA. affixe d'agent
AD. affecté direct
adj. adjectif
adv. adverbe
AI. affecté indirect
Attr. attribut
CC. complément circonstanciel
CC Dir. CC direction
CCF. CC finalité
CCL. CC lieu
CCM. CC manière
CCT. CC temps
CCom. complément du comparatif
CD. complément direct
CI. complément indirect
CN. complément du nom
CPart. complément du partitif
d. déterminant
n. nom
Ph. phrase
Pr. proposition
R. Relateur (entre propositions)
r. relateur (entre groupes)
RP. régime prépositionnel
S. sujet
SA. syntagme adjectival
SN. syntagme nominal
SP. syntagme prépositionnel
SV. syntagme verbal
v. verbe

TRANSCRIPTION

Pour indiquer la prononciation du kurde, nous employons la transcription en caractères latins utilisée par W/E. dans leur dictionnaire (cf. Bibl.), considérée comme une translitération de l'alphabet arabo-persan modifié. Cette transcription est la suivante1:

/a/ /ch/

/u/ /h/

/o/ /x/

/û/ /d/

/ö/ /r/

/e/ /r/

/i/2 /z/

/ê/ /j/

/î/ /s/

/b/ /sh/

/p/ /'/ ('ayn)

/t/ /gh/

/c/ /f/

/q/ /m/

/v/ /n/

/k/ /w/

/g/ /h/

/l/ /y/

/l/

INTRODUCTION

Súnion! T'evocaré de lluny amb un crit d'alegria,

tu i el teu sol lleial, rei de la mar i del vent
pel teu record, que em dreça, feliç de sal exaltada,
amb el teu marbre absolut, noble i antic jo com
ell.


Carles Riba (1893-1959)

Elegies de Bierville , II.

Introduction

I. LA LANGUE KURDE3


Le kurde est généralement classé dans le groupe nord-occidental des langues iraniennes4, auquel appartient aussi, par exemple, le baloutchi5. Il s'oppose ainsi au persan, qui appartient à la branche méridionale du même groupe occidental6.

Le kurde est parlé principalement au Kurdistan, pays dont la surface dépasse le demi million de kilomètres carrés, à peu près celle de la France ou de l'Espagne, et qui aujourd'hui est divisé entre quatre Etats: la Turquie, qui comprend approximativement la moitié du territoire kurde, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Hors du Kurdistan, des communautés importantes de kurdophones vivent dans d'autres régions du Moyen et Proche-Orient: dans le Khorassan et le Balouchistan7, en Afghanistan (Hérat), en îlots isolés dans l'Anatolie Centrale (près d'Ankara) et dans certaines républiques de l'ancienne Union Soviétique: Arménie, Azerbaïdjan, Turkménistan. De nombreux Kurdes sont aussi établis au Liban (originaires du Kurdistan de la Turquie, d'où ils s'enfuirent après les massacres perpétrées par Mustafa Kemal Atatürk) et en Israèl (ceux-ci pour la plupart d'origine juive, originaires du Kurdistan d'Irak, où ils vécurent jusqu'à 1948)8, sans oublier ceux qui habitent dans les grandes capitales moyen-orientales, notamment: Istanbul ("la plus grande ville kurde du monde", avec environ deux millions de Kurdes ), Ankara et Izmir, en Turquie; Téhéran, en Iran; Bagdad et Mossoul, en Irak; Damas et Alep, en Syrie, etc. Enfin, il faut mentionner la diaspora kurde, due essentiellement à des raisons politiques et économiques, et qui s'est tournée vers de nombreux pays d'Europe: Allemagne, France, Angleterre, Suède et Pays-Bas, ainsi que vers l'Amérique du Nord et, plus récemment, l'Australie.

Le nombre exact de kurdophones est impossible à établir d'une manière précise. Les chiffres sont souvent sous-estimés par les gouvernements concernés, et exagerés par les Kurdes eux-mêmes. On peut affirmer, pourtant, qu'ils sont environ 30 millions, ce qui fait du kurde, par le nombre de ses locuteurs, la deuxième langue iranienne, après le persan, et la quatrième du Moyen-Orient, après l'arabe, le turc et le persan.

Après le démembrement de l'Empire Ottoman, au lendemain de la Grande Guerre, les Kurdes ne sont pas parvenus à la création d'un Etat moderne9. Une des conséquences les plus importantes de leur fractionnement politique est que la langue kurde n'a pas encore pu être unifiée. La division dialectale est encore accentuée par les différentes écritures. Selon les Etats, trois alphabets sont utilisés: l'alphabet arabo-persan modifié (en Iran et en Irak), l'alphabet latin adapté (en Turquie) et l'alphabet cyrillique (dans les républiques ex-soviétiques).


Les grands dialectes


Nous nous basons sur une répartition du kurde en trois grands groupes dialectaux: le kurde septentrional, le kurde central et le kurde méridional.

Le kurde septentrional, appélé souvent kurmandjî (ce mot désigne, au Kurdistan de Turquie, la langue des Kurdes), est le plus répandu10 . Il constitue le moyen d'expression de plus de la moitié des Kurdes: Turquie, Syrie, la partie septentrionale du Kurdistan d'Iran (Azerbaïdjan Occidental, à l'ouest du lac d'Ourmieh), et les régions nord-occidentales du Kurdistan d'Irak (à l'ouest du Grand Zab, affluent du Tigre), où il est habituellement dénommé badînî (du nom de l'ancienne principauté de Badînan). Le kurde septentrional est aussi parlé par la plupart des communautés kurdes établies hors du Kurdistan: républiques ex-soviétiques11, Khorassan12, Balouchistan, Afghanistan, Liban... .

Interdit en Turquie jusqu'en 1991, le kurde septentrional n'a bénéficié jusqu'à présent que d'une situation en quelque sorte privilégiée en Arménie. En Irak, où, après un référendum falsifié dans la province (muhafaza ) de Duhok, il fut négligé par le gouvernement baassiste comme langue officielle et même comme langue d'enseignement, il est aujourd'hui langue officielle dans cette même province, dans le cadre de la "Région du Kurdistan"13.

Le kurde central, objet de notre étude, appélé aussi soranî (au Kurdistan d'Irak, du nom de l'ancienne principauté de Soran), et kurdî (au Kurdistan d'Iran), est parlé par la plupart des Kurdes vivant dans le Kurdistan d'Iran et le Kurdistan d'Irak. Il est langue officielle en Irak, aujourd'hui langue officielle dans la Région du Kurdistan (provinces de Hewlêr/Erbil et de Suleimani)14.

Le kurde méridional est le groupe le moins étudié jusqu'à présent par les kurdologues15. Beaucoup d'entre eux n'y font même pas référence. Il est constitué de plusieurs parlers s'étendant sur les régions les plus méridionales du Kurdistan d'Iran, où il rejoint le lori16, et il est aussi la langue des communautés les plus méridionales habitant l'Irak, notamment des Kurdes de Bagdad.

Les linguistes kurdes utilisent une répartition basée sur deux grands dialectes, qu'ils appellent kurmandjî jûrû (kurmandjî du nord) et kurmandjî xuwarû ou jêrî (kurmandjî du sud), lequel comprend ce que nous dénommons comme kurde central et kurde méridional. Ils y ajoutent souvent le guranî (ou hewramî) et le zaza17.

De ces trois groupes de dialectes, seuls le kurde septentrional et le kurde central se sont constitués en langues littéraires. L'unification, au niveau de la langue écrite, à été plus effective en kurde central, grâce à l'emploi d'un seul alphabet (l'arabo-persan modifié utilisé en Iran et en Irak) et à la situation de privilège relatif dont le soranî a bénéficié en Irak.

II. CHOIX DU SUJET ET DU DIALECTE


La syntaxe du kurde continue à être l'un des aspects de cette langue les moins étudiés par les spécialistes. La construction de la phrase simple avec le verbe transitif au passé est sans doute l'aspect syntaxique le plus largement traité dans toutes les grammaires et études linguistiques concernant la langue kurde18. La phrase complexe a été en général beaucoup moins étudiée, et elle constitue encore un sujet qui mériterait une attention plus vaste de la part des kurdologues. Une étude visant la construction de la phrase complexe en kurde de manière générale serait pourtant, dans le cadre d'un travail comme le nôtre, forcément réducteur, car une analyse en profondeur de tous les phénomènes concernant la syntaxe de la phrase complexe dépasserait largement ses limites. C'est pourquoi nous avons décidé de nous limiter à une seule dimension de la phrase complexe, laquelle nous semblait particulièrement riche et significative: l'analyse de la phrase relative.

En effet, la relative est particulièrement développée en kurde, surtout dans la langue écrite. Nous avons considéré son analyse comme un premier pas indispensable vers la connaissance en profondeur de la syntaxe kurde. Le fait de la relativation et les structures qu'elle génère revêtent une complexité qui justifie largement ce choix, mais nous voulons signaler aussi que l'analyse de la relative nous a permis d'aborder, encore que de façon tangentielle, d'autres aspects de la syntaxe que l'on n'aurait pas su négliger, leur existence étant souvent en rapport avec elle. Il est clair qu'aucun fait linguistique ne peut être envisagé d'une manière exclusive, tout en ignorant ce qui l'entoure. Dans ce sens, la relative ne peut pas être analysée sans tenir compte des autres types de propositions subordonnées existant en kurde, ou de la phrase complexe en général. Enfin, sans tenir compte de la structure de la phrase simple. Mais il faut encore remarquer que l'échange fréquent de valeur que subit la relative, surtout avec les circonstancielles, fait que l'extension de notre intérêt pour la structure de ces circonstancielles et même pour celle des complétives, du moins en ce qui concerne leurs rapports avec les relatives, est incontournable. C'est ainsi que l'étude de la relative kurde nous a paru d'un intérêt primordial dans le domaine de l'étude plus générale de la syntaxe de cette langue.

Le sujet choisi, l'énorme richesse dialectale du kurde nous amenait à restreindre notre analyse à un seul des trois groupes dialectaux. Nous avons choisi le kurde central en raison de deux facteurs essentiels: le premier est notre meilleure connaissance de ce dialecte, ainsi que l'abondance des sources; le deuxième est la plus grande facilité d'accès aux régions où il est parlé, notamment le Kurdistan d'Irak, aujourd'hui provisoirement "libéré". Le kurde méridional présentait des problèmes trop difficiles à résoudre, le plus important étant l'absence de textes écrits et d'une systématisation linguistique, sans parler des difficultés d'accès aux régions où il est parlé. Quant au kurde septentrional, nous avons essayé, dans nos conclusions, de présenter une brève comparaison de la structure de la relative dans ce dialecte avec celle du kurde central.

III. LE KURDE CENTRAL: DIALECTOLOGIE


Notre analyse de la relative en kurde central s'est inspirée principalement de la langue écrite, puisque c'est là que la syntaxe est plus développée et qu'on trouve une plus grande richesse de constructions. Ceci dit, il faut faire quelques remarques sur la nature de la langue employée dans les sources écrites et sur les différents parlers dont le kurde central est constitué.

Au Kurdistan d'Irak, où le kurde est langue officielle, il existe une langue standard qui est celle de l'enseignement dans les écoles et les universités, et qui est utilisée par les moyens de communication: journaux, publications, radio et télévision. Cette langue normalisée repose sur le modèle, essentiellement, du dialecte de Suleimani, vrai centre intellectuel du Kurdistan d'Irak, où ont été formés la plupart des savants et intellectuels kurdes qui sont les auteurs de cette unification linguistique. Pourtant, cette langue standard présente des traits qui n'appartiennent pas proprement à ce dialecte, mais qui ont été empruntés au mukrî, dialecte de la région de Mukriyan, dont la capitale est Mehabad, au Kurdistan d'Iran. A cet égard, les Kurdes d'Iran ont fait un effort de rapprochement et d'unification de leur langue écrite avec celle des Kurdes d'Irak, de telle façon que, à quelques détails près, la langue standard employée par les uns et les autres est pratiquement la même.

Cette langue standard, qui parfois ne correspond pas tout à fait à la langue littéraire, plus libre, s'écrit au moyen de l'alphabet arabo-persan, modifié de manière à rendre les sons propres au kurde. Cet alphabet a été établi par Taufiq Wahby à la fin des années vingt, puis a été légèrement modifié par le Département de kurdologie de l'Académie Scientifique d'Irak. Ainsi la notation de l'occlusive [ ] /d/ , affaiblie dans le parler de la région de Suleimanî, a été rétablie. La transcription employée dans notre travail figure dans la table annexe (p. 21).

Dialectes


Dans la mesure du possible, nous avons essayé d'analyser la relative en tenant compte de la diversité dialectale que présente le kurde central, encore que, au niveau de la syntaxe, les différences entre ces dialectes nous paraissent presque inexistantes, en tout cas non significatives.

Nous suivons en gros le regroupement dialectal établi par D.N. MacKenzie dans son Kurdish Dialect Studies (cf. Bibl.), aujourd'hui encore ouvrage de référence indispensable pour l'étude des dialectes kurdes. En ce qui concerne le kurde central, l'auteur analyse huit parlers différents, qui peuvent se regrouper géographiquement de la façon suivante (cf. carte annexe, p. 47) (nous indiquons entre parenthèses l'abréviation employée pour chacun de ces parlers tout au long de notre travail):

Groupe I: Erbil (en kurde, Hewlêr) (Erb.)

Xoshnaw (Xosh.)

Rewanduz (Rdz.)

Groupe II: Mukrî (Muk.)

Pijdarî (Pij.)

Bingird (Bin.)


Groupe III: Sulêmanî (Sul.)

Warmawe (War.)

Il faudrait encore ajouter à ces huit parlers le Sineyî (Sin.) et le Germiyanî (Ger.), qui ne sont pas envisagés dans les études de MacKenzie.

Le premier groupe est constitué de trois parlers qui comprennent la presque totalité de la province d'Erbil/Hewlêr. Nous désignons par Erbil le parler propre à la ville du même nom, capitale administrative de la Région du Kurdistan, et à ses environs, le district de Koye (Koy-Sandjak) compris. Xoshnaw est le nom d'une tribu habitant une région située au nord-est d'Erbil, à mi-chemin de Rewanduz. Il existe un village appelé Xoshnaw à quelques kilomètres de Sheqlawe, sur la route qui mène à Raniya et Suleimanî. Rewanduz, ancienne capitale de la principauté de Soran, est située encore plus au nord, dans l'un des paysages les plus impressionnants du Kurdistan d'Irak, près des frontières turque et iranienne. Le parler du district qui porte son nom présente des caractéristiques intéressantes.

Le deuxième groupe inclut, au Kurdistan d'Irak, les parlers de Pijdar et de Bingird. Ils constituent, avec ceux de la province d'Erbil, ce que l'on appelle les dialectes de Soran (Sor.). Pijdar est le nom d'un district situé près de la frontière iranienne, avec Qela Dize comme centre important. Bingird est le nom d'un village et d'un sous-district qui se trouve dans le district de Pijdar. A ces deux parlers, il faut ajouter le Mukrî, nom d'une grande tribu du Kurdistan d'Iran, habitant une vaste région dont la capitale est la ville de Mehabad (Seblax, en kurde).

Le troisième groupe comprend principalement le parler de Suleimanî et sa province. Warmawe est le nom d'un sous-district de Helebche, sur le plateau de Shahrezûr. Le parler de cette région présente des aspects particuliers qui le différencient de celui des alentours. En rapport avec ce groupe, il faudrait ajouter le parler de la région de Sine (Sanandadj), capitale de la province iranienne qui porte le nom de Kordestan. Ce parler est souvent dénommé ardelanî, du nom de l'ancienne principauté d'Ardelan. Il reste ce que les Kurdes appelent germiyanî , c'est à dire le parler propre aux régions "chaudes" (germiyan, de germ , "chaud", par opposition à köstan, régions froides de montagne) du Kurdistan d'Irak, à savoir sa partie la plus méridionale: Kirkûk, Kifrî et Kelar. Le parler de ces régions ne diffère guère de celui de Suleimanî, les divergences étant surtout lexicales.

Remarquons ici que les linguistes kurdes d'Irak considèrent ces parlers comme des sous-dialectes d'un même dialecte principal qui est le kurmandjî xuwarû (kurde du sud).

La répartition dialectale que nous avons donnée doit être considérée avec réserves. Les tristes évènements survenus au Kurdistan d'Irak au cours des dernières années ont pu considérablement modifier les caractéristiques de ces parlers et leur distribution, décrite par MacKenzie dans les années cinquante. En effet, la politique de destruction des villages, et de petites villes, dont Qela Dize et Helebche, ainsi que la concentration forcée de la population dans les grandes capitales kurdes, menée systématiquement par le gouvernement baassiste d'Irak jusqu'en 1990, ont provoqué des altérations inévitables dans les parlers les moins répandus, car ceux-ci ont été influencés par les parlers majoritaires (Sul. et Erb.). En outre, la généralisation du kurde standard à travers les moyens de communication a eu les mêmes effets. Le retour progressif des déportés vers leurs régions d'origine, fruit de la nouvelle situation dans la Région du Kurdistan, ne pourra rétablir la situation linguistique initiale.

IV. CORPUS


Le corpus de textes écrits que nous avons utilisé comme base de notre étude sur la relative kurde a été élaboré avec l'espoir d'offrir un éventail d'exemples le plus vaste possible, appartenant à différentes modalités et parlers du kurde central. Cependant, nous insistons ici sur le fait que, la syntaxe apparaissant surtout dans la langue écrite, les dialectes qui servent de base à cette langue ont dû être privilégiés. C'est ainsi que nous avons pris le Sul. et le Muk. comme parlers principaux. Dans les conclusions de notre travail, nous essaierons de démontrer que les différences entre tous ces parlers n'affectent pas vraiment la construction de la relative. Le corpus utilisé pour notre étude est constitué des textes suivants (nous indiquons entre parenthèses l'abréviation employée pour chacun d'entre eux dans les exemples):

Sul. Ibrahîm Ehmed, Jan-î gel (La douleur du peuple), Sulêmanî, 1972, 256 pages. (J.G.)

Muk. Hesen Qizilcî, Pêkenîn-î geda (Le rire du mendiant), Baghdad, 1972, 149 pages. (P.G.)

Hejar, "Le mer beserhat-î Hejar" (A propos des aventures de Hejar), Sirwe . (H.)

Hêmin, "Le köwe bo kö" (D'où à où), dans Tarîk u rûn (Ténèbres et lumière), Mehabad, 1974., pp. 3-45. (Hê.)

Erb., Muhammad Karim Sharif, Heqayet-î kurdewarî
Xosh. (Histoires populaires kurdes), Baghdad, 1985, 159 pages. (H.K.)


Pour le parler de Sul., nous avons choisi Jan-î gel (La douleur du peuple), dû à la plume d'Ibrahîm Ehmed (Suleimanî, 1914), et considéré en général comme le meilleur roman écrit en langue kurde. Une traduction en français de cet ouvrage vient de paraître: Mal du peuple., traduction d'Ismael Darwish, l'Harmattan, Paris, 1994, 205 pages. Nous devons au même auteur un recueil de nouvelles, Körewerî (Misère), Baghdad, 1959, 103 pages, et, plus récemment, un nouveau roman, Dirk u gul (L'épine et la fleur), Stockholm, 1992, 297 pages. J.G. a été choisi, en plus de sa qualité littéraire, en raison des caractéristiques propres à la langue employée par l'auteur. En effet, Ehmed utilise tout au long de son roman les formes qui distinguent le dialecte de Sul., aussi bien sur le plan phonétique que morphologique. Toutefois, le lexique est modifié, vidé des fréquents arabismes utilisés dans la langue parlée, afin de purifier le vocabulaire littéraire kurde (kurdî petî , kurde pur).

Pour le Muk., nous nous sommes basés sur trois textes différents. Le premier est Pêkenîn-î geda (Le rire du mendiant), recueil de quinze nouvelles écrites par Hesen Qizilcî (Bokan, 1914-?, 1985) et publiées dans des journaux et des revues kurdes pendant une trentaine d'années. La langue de Qizilcî, souvent considéré comme le meilleur prosateur kurde, est d'une richesse extraordinaire, car elle reflète la manière de parler des diverses couches sociales du Kurdistan. Cependant, Qizilcî, qui vécut longtemps exilé de l'Iran, notamment en Bulgarie et en Irak, emploie parfois des formes qui ne sont pas propres au Muk., mais au Sul. (peut être aussi Sin.). Ce recueil comprend une préface du poète Hêmin, que nous avons également utilisée. Il existe une deuxième édition de P.G. , publiée à Bagdad en 1985. Cette édition contient une deuxième préface, écrite par Muhammad Mela Karim, et un petit lexique à la fin. La numérotation des pages est par conséquent différente de celle de l'édition de 1972, que nous avons utilisée. Pour ceux qui utilisent la deuxième édition, il faudra ajouter cinq pages à la numérotation donnée dans nos exemples extraits de P.G. .

En plus de P.G., nous nous sommes aussi servis, pour le Muk., des autobiographies des deux plus grands poètes contemporains du Kurdistan d'Iran, Hejar et Hêmin, dont la langue montre moins d'influences d'autres parlers . L'autobiographie de Hejar ('Abd al-Rahman Sherefqandî, Mehabad, 1921-Téhéran, 1991), Le mer beserhat-î Hejar (A propos des aventures de Hejar), a été utilisée dans l'excellente étude sur le Muk. de K.R. Eyyubî et I.A. Smirnova (cf. Bibl. II), où elle figure transcrite en caractères latins, avec la traduction russe, et sous le titre plus complet de "Le mer jîan u beserhatî Hejar bwêjî kurd" (A propos de la vie et les aventures de Hejar, poète kurde) (pp. 142-185). Nous avons préféré utiliser la version en caractères arabes, republiée dans la revue Sirwe , à partir d'une autre revue, Mamosta-y kurd (nºs 11 et 12). Puisque cette version est peu accessible, nous l'avons reproduite en annexe. Les paragraphes ont été numérotés, afin de faciliter les références. L'autobiographie du poète Hêmin (Muhemmed Emîn Shêxelîslam Mukrî, Lachîn, près de Mehabad, 1921-Mehabad, 1986), "Le köwe bo kö" (D'où à où), fut publiée dans le dîwan (recueil de poésies) du poète, Tarîk u rûn (Ténèbres et lumière), en 1974 (pp. 3-45), et elle révèle les grandes qualités de style de Hêmin comme prosateur, qualités moins connues que celles de poète.

A propos du Muk., nous tenons encore à préciser que, depuis les années quarante, la langue écrite manifeste une tendance à se rapprocher de celle en usage au Kurdistan d'Irak. C'est ainsi que certains traits propres au Muk., notamment les oppositions de genre et de cas, tendent à se neutraliser. Nous avons renoncé à employer le corpus établi par Oskar Mann au début du siècle19, en raison des nombreuses erreurs qu'il contient.

Pour les dialectes Erb. et Xosh., nous nous sommes servis du recueil de contes populaires Heqayet-î kurdewarî (Histoires populaires kurdes), établi par Muhammad Karim Sharif, originaire du village de Gayinc, près du Grand Zab. Sharif a transcrit, en caractères arabes, douze contes appartenant au folklore kurde de la province d'Erbil, qu'il avait enregistrés sous la dictée de quelques conteurs. Il précise dans son introduction l'origine exacte de chaque conte: l'un d'eux ("Shuwaneke-y xewn-ê kabiray kirî", Le berger qui acheta le sommeil d'un homme, pp. 55-94) procède du plateau de Herîr, entre Sheqlawe et Rewanduz. Les contes "'Elî Merê" ('Elî, fils de mouton) (pp.10-37) et "Lakertik" (Le mi-homme) (pp. 129-139) procèdent de Gayînc, le village natal de Sharif. Ce deuxième fut enregistré directement auprès d'un conteur du village, tandis que le premier lui était connu depuis l'enfance. Les neuf contes restants furent enregistrés à Serben (nom kurde de la ville de Selaheddîn, station d'été située sur le plateau de Pîrmemê, entre Erbil/Hewlêr et Sheqlawe). Sharif spécifie (p.38) qu'il s'agit d'histoires "xoshnawetî" (appartenant au folklore de Xoshnaw).

En ce qui concerne les parlers de Pij. et Bin., nous avons essayé, lors de nos derniers voyages au Kurdistan, d'obtenir quelques recueils du même style que H.K. pour Erb. et Xosh.. Nous avons chargé nos amis dans la région d'en rechercher quelques-uns. Six mois après, et même après avoir consulté des spécialistes, notamment de Suleimanî, la réponse fut catégorique: "ewe nenûsrê..." ("ça ne s'écrit pas"). C'est pourquoi, et seulement dans des cas très précis, nous avons décidé d'utiliser ceux que donne MacKenzie. De même en ce qui concerne Rdz.. Quant au Ger., le peu de différences avec le Sul., n'exigeait pas de texte spécifique.

Certains exemples ont été empruntés à des textes qui ne font pas partie de notre corpus. Les références concrètes sont données à chaque exemple.

Pour les raisons exposées précédemment, nous n'avons pas utilisé de corpus oral, mais nous avons fait attention chez quelques informateurs à l'intonation des relatives descriptives et des relatives restrictives (cf. §§164-166). Ces observations ont été faites à partir de conversations spontanées.


V. ETUDES SUR LA RELATIVE EN KURDE


Dans presque toutes les grammaires, manuels et descriptions linguistiques du kurde, on trouve quelques généralités sur la construction de la relative20. Il n'existe qu'un seul ouvrage entièrement consacré à la relative kurde. Il s'agit de Riste-y lêkdiraw-î shönkewtûxuwaz legel riste-y shön kewtû-y diyerxerî le diyalêkt-e nawendiyekan-î ziman-î kurdîda (La proposition subordonnée et la proposition relative dans les dialectes centraux de la langue kurde), écrit par Ibrahîm 'Ezîz Ibrahîm (cf. Bibl.III, iii), l'un des plus prestigieux linguistes kurdes. Cet ouvrage est une adaptation de sa propre thèse de doctorat, soutenue à l'Université de Moscou en 1976. Puis qu'il constitue l'unique étude complète existant sur le sujet, nous avons été obligés de nous y référer fréquemment. Pourtant, nous croyons convenable de faire quelques remarques à son sujet.

La première de ces remarques concerne la structure du travail d'Ibrahîm. En effet, après une introduction, où il passe en revue les ouvrages qui traitent, encore que superficiellement, de la relative kurde, il divise sa propre étude en deux grandes parties: 1) la construction de la proposition relative avec conjonction (amraz , en kurde), et 2) la construction de la proposition relative sans conjonction. Dans la première partie, il analyse la construction de la relative au moyen de la conjonction générale ke (cf. §§102 et 105-106); dans la deuxième partie, la construction de la relative au moyen de la particule relative enclitique (cf. §§99-101 et 103-104). A l'intérieur de chacune de ces parties, il étudie des aspects concernant la structure de la relative, il analyse la fonction de l'antécédent dans la principale, et dans chaque cas, il indique la nature morphologique que peut avoir cet antécédent. Ensuite, il analyse l'emploi des relateurs et celui des résomptifs, ceux-ci par rapport aux formes sous lesquelles ils peuvent apparaître, tout en spécifiant pour chaque forme les fonctions de l'antécédent qu'elle représente dans la relative. Puis, et aussi dans chacune des deux parties, Ibrahîm traite de la subordination de la relative à d'autres propositions subordonnées, des relatives complexes (coordonnées et subordonnées), et, enfin, de la place de la relative par rapport à la principale. Dans une troisième partie, l'auteur étudie la détermination de l'antécédent.

Malgré l'indubitable valeur scientifique de son travail, nous ne sommes pas d'accord avec la façon dont Ibrahîm structure son analyse. En ce qui concerne les deux grandes parties qui constituent son analyse de la relative (relatives avec et sans conjonction), il est clair que l'auteur a identifié, par sa forme, la particule relative enclitique à l'ézafé, et n'a pas considéré la valeur de relateur que revêt cette particule (cf. §§99-101), mais le fait qu'elle ne soit pas à l'origine, morphologiquement, une conjonction. Ce point de vue mène l'auteur à une division des relatives qui nous semble fantaisiste, équivoque et lourde, car, d'une part, elle laisse entendre que les relatives présentent des structures complètement différentes selon le relateur employé, alors que ce n'est pas le cas (et sans pour autant faire référence au caractère restrictif de la particule relative enclitique, cf. §180); d'autre part, l'auteur se voit obligé de répéter dans chaque partie l'analyse d'aspects qui sont communs à toutes les relatives (p. ex. les résomptifs, les relatives complexes ou la subordination de la relative à d'autres phrases complexes).

De même, lorsqu'Ibrahîm étudie la nature de l'antécédent, il le fait par rapport à la fonction de celui-ci dans la principale, ce qui est en fait marginal, car il n'existe pas vraiment un tel rapport, excepté du fait que l'antécédent doit être un substantif ou un élément remplissant les fonctions du substantif (cf. II, A). Cette vision oblige aussi l'auteur à la répétition dans chaque cas de faits qui sont communs à toutes les fonctions analysées.

D'autres remarques, concernant des aspects plus particuliers, seront faites au long de notre étude. Toutefois, nous tenons encore à relever quelques défauts de l'analyse d'Ibrahîm. En effet, l'auteur se circonscrit exclusivement aux relatives dont l'antécédent est manifeste, en négligeant les relatives indéfinies (cf. III, D) et l'emploi des pronoms interrogatifs comme relatifs. De plus, il n'analyse que la construction syntaxique de la relative per se , en ignorant complètement la sémantique. C'est ainsi qu'il ne parle point des échanges de valeur entre la relative et les circonstancielles, ni des relatives à valeur clairement circonstancielle, notamment les relatives finales (cf. §§187-190). Enfin, il n'aborde nullement les valeurs logico-sémantiques de la relative (restrictives et descriptives, cf. IV, A), ni les marques grammaticales qui éventuellement peuvent les distinguer.

Les critiques que l'on vient d'exprimer à propos de Riste , ne prétendent pas diminuer l'intérêt de cet ouvrage, lequel, jusqu'à présent, est la source d'information la plus complète existant sur la relative en kurde.

VI. POINTS DE VUE POUR L'ANALYSE DE LA RELATIVE


Notre étude de la relative en kurde central constitue une analyse synchronique d'après le corpus que nous avons constitué. Le point de vue (morpho-)syntaxique a été manifestement privilégié, mais, à tout moment, nous avons accordé une grande importance à l'aspect sémantique.

Pour nos analyses, nous ne nous sommes pas inspiré d'une école linguistique en particulier. Nous avons bénéficié notamment de notre formation linguistique en grammaire structurelle et fonctionnelle, mais sans nous y circonscrire pleinement. La bibliographie concernant les ouvrages de linguistique générale dont nous nous sommes servis (cf. Bibl.I) montre des choix inspirés par l'éclectisme. Cependant, nous voulons signaler ici ce que nous devons à André Martinet et à Claude Hagège sur de nombreux points. Dans ce sens, nous croyons encore indispensable d'affirmer ce que notre travail, et toute la kurdologie contemporaine en Occident, doit aux études essentielles de D.N. MacKenzie. D'un point de vue méthodologique, nous devons encore reconnaître notre dette à l'égard de la Grammaire du persan contemporain , de Gilbert Lazard (cf. Bibl. III).

VII. NOTES POUR LA CONSULTATION DU TRAVAIL


Ce travail est accompagné de toute une série d'annexes qui ont pour fonction d'en faciliter la consultation. Le lecteur y trouvera une table des abréviations (p. 20), une table avec la transcription employée pour le kurde (p. 23), un index des notions (p. 319), un lexique avec la terminologie linguistique couramment employée par les linguistes kurdes (p. 293), une table des matières détaillée (p. 5), une table des matières générale (p. 4) et la bibliographie concernant le travail (p 310).

Tous les exemples procédant du corpus de textes écrits figurent transcrits, en italique, puis traduits. La provenance en est indiquée devant la transcription, avec citation de la source par des abréviations et le numéro de page, excepté les exemples extraits de H., dont le texte est reproduit à la fin du travail avec une numérotation par paragraphes. Les traductions sont, dans la mesure du possible, littérales. Lorsque nous l'avons jugé nécessaire pour la compréhension, nous avons donné des traductions plus idiomatiques, mais en donnant parallèlement la traduction littérale entre parenthèses.

Dans les exemples transcrits, nous signalons en caractères gras le ou les éléments pertinents, et en général, l'antécédent. Lorsque cela s'avère possible, ces mêmes éléments sont aussi indiqués en caractères gras dans la traduction. Nous avons souligné la (les) proposition(s) relative(s) étudiée(s). Lorsqu'il y a d'autres propositions subordonnées qui dépendent d'une relative, cette dernière apparaît toujours soulignée, tandis que les autres subordonnées figurent, dans la transcription, en texte standard, et dans la traduction, en italique. Dans les traductions, en général, nous avons mis entre parenthèses ( ) les mots ou les éléments sous-entendus dans le texte kurde et qui sont nécessaires à la traduction, ainsi que les traductions littérales. Les mots qui ne figurent pas dans le texte kurde sont marqués par des crochets [ ].

Les références à d'autres parties du travail sont en général par paragraphes (§), éventuellement par chapitres. Dans ce cas-ci, les chiffres romains indiquent la partie, et les majuscules le chapitre.

Les titres des ouvrages cités dans les notes de bas de page figurent, sauf exception consignée, sous la forme abrégée que nous indiquons, à côté du titre complet, dans la bibliographie, à laquelle il faut toujours se référer.

Les abréviations employées dans les arbres syntaxiques figurent aussi, à part, dans la table générale des abréviations.


CARTE DU KURDE CENTRAL



Notes de l'introduction

1Sur la phonétique et la phonologie des différents parlers du kurde central, cf. Mck., §§1-172. A propos de la phonétique du Muk., cf. I.A.Smirnova, K.R.Eyyubi, Fonetika kurskogo jazyka, Dialeckt Mukri (La phonétique de la langue kurde, dialecte Mukrî), Nauka, Leningrad, 1985, 340 p.

2Cette voyelle, très breve [ ] , disparaît lorsque la syllabe n'est pas accentuée, et elle n'est écrite qu'à l'initiale, dans des mots généralement empruntés à l'arabe (J. Blau, Manuel , p. 29).

3Pour une vision générale sur la langue kurde et ses dialectes, cf. D.N.MacKenzie, "Kurdes et Kurdistan", pp. 482-483, Encyclopédie de l'Islam. ; "Kurmandji, kurdi i gurani", NAA, 1, Moskva, 1963, pp. 162-170.; et, avec réserves, F.H. Xurshîd. Ziman-î kurdî, dabeshbûn-î cugrafiyayi-y diyalêktekanî (La langue kurde, division géographique de ses dialectes), Baghdad, 1985, 120 p.

4Pour une vision générale des langues iraniennes, cf. I.M. Oranskij, Les langues iraniennes , Institut d'Etudes Iraniennes de l'Université de la Sorbonne Nouvelle, Klincksieck, Paris, 1977, 239 p.

5Cf. I.M. Oranskij, ibid. pp. 146-151 et 196.. Sur le baloutchi, cf. aussi J. Elfenbein, The Baluchi language, a dilectology with texts , London, 1966. V.A. Frolova, Beludzskij jazyk (La langue baloutchi), Moskva, 1960.

6Cf. I.M. Oranskij, ibid. pp.194-195.

7Cf. M.A.Mengal, "Kurds and Kurgals in Balouchi Classics", Newsletter of Baluchistan Studies, 6, 1989, pp. 3-10.

8Cf. C.Cohen, Grandir au quartier kurde. Rapports de générations et modèles culturels d'un groupe d'adolescents israéliens d'origine kurde , Institut d'Ethnologie, Paris, 1975, 184 p.; J.de Wangen-Blau, "Les juifs du Kurdistan" , Bulletin de l'Association des anciens élèves, Institut National des Langues et Civilisations Orientales, février 1986, pp. 20-28; N.Rejwan, The Jews of Iraq. 3000 Years of History and Culture , Weindfeld and Nicolson, London, 1985, IX-274 p.

9Pour cette période de l'histoire kurde, cf. G.Chaliand, sous la direction de. Les Kurdes et le Kurdistan , Maspero, Paris, 1978, 354 p.; K.M.Ehmed, Kurdistan fi sanawat al-harb al-'alamiyya al-ulà (Le Kurdistan pendant les années de la Première Guerre Mondiale), Baghdad, 1977, 416p.; Nacional'noe osvoboditel'noje dvizenie v Irakskom Kurdistane (1918-1932) (Le mouvement de libération nationale du Kurdistan iraqien 1918-1932), Académie des Sciences de l'Azerbaïdjan soviétique, Baku, 1967, 184 p. ; O.Zigalina, Nacional'noe dvizenie kurdov v Iranie (1918-1947 gg.) (Le mouvement national kurde en Iran, 1918-1947), Nauka, Moskva, 1988, 168 p.

10Pour une vue générale sur le kurde septentrional, nous nous reportons à la partie correspondante de notre bibliographie (cf. Bibl. II, ii.)

11Cf. C.X. Bakaev, Govor kurdov Turkmenii (Le parler kurde du Turkménistan), Académie des Sciences, Moskva, 1962, 270 p.; Jazyk Azerbaidzanckix kurdov (La langue des Kurdes d'Azerbaidjan), Moskva, 1965, 283 pp. Jazyk Kurdov SSSR (La langue des Kurdes de l'U.R.S.S.), Moskva, 1973, 352 p.

12Cf. I.I.Cukerman, Xorasanskij kurdmandji: issledovanije i teksty (Le kurmandjî du Khorassan), Moskva, 1986; I.Ivanov, "Notes on Khorasani Kurdish", Journal and Procedings of the Asiatic Society of Bengal , 1927, vol. XXII, nº 1, pp. 167-236.

13Herêm-î Kurdistan (Région du Kurdistan). Depuis la fin de la Guerre du Golfe (1991), une grande partie du Kurdistan d'Irak se trouve placée sous protection internationale, administrée par un gouvernement autonome élu lors des élections générales de 1992 et non contrôlée par les autorités de Bagdad. Cette région comprend les trois provinces de Duhok, Erbil/Hewlêr et Suleimanî, en plus des districts d'Akra (province de Nineweh, Mossoul) et de Kifrî (province de Diyala, Baquba).

14Cf. supra, note 13.

15Cf. A.Christensen-K.Barr, Iranische Dialektaufzeichnungen aus dem Nachlass von F.C.Andreas, Berlin, 1939, 497 p.; I. Fattah. Dialectes kurdes du sud: étude linguistique du dialecte kirmanshahi-fayli (Kalhori, Kirmanshah, Khanaqini, Bayray-Shirwani, Malikshay-Arkowazi). Doctorat d'Etat, Université de Paris-7, Paris, 1988.

16Cf. I.M. Oranskij, ibid. pp.144-146 et 195. A propos du lori, cf. aussi 'A.S. al-Gurani, "Al-lur wa Luristan" (Les Lores et le Loristan),Bulletin de l'ASK, vol. 2, nº 3, Baghdad, 1974, pp. 108-181 (sur la langue, pp. 111-113); H.I.Penah, Ferheng-î Lek u Lur , (Dictionnaire lakkî et lorî), ASK, 1978, 230 p.J.M. Unvala, Contribution to modern Persian dialectology, the Luri and Dizfuli dialects , Calcutta, 1959.

17Sur le guranî, cf. M. Benedictsen, Les dialectes d'Awramán et de Páwa, revus et publiés avec des notes et une esquisse de grammaire par A.Christensen, Köbenhavn, 1921; K.Hadang, Mundarten der Guran, Berlin, 1930; M.E. Hewramanî, Zarî (Bibl.);D.N.McKenzie, The dialect of Awroman, Köbenhavn, 1966. Pour le zaza, cf. K.Hadang et O.Mann, Mundarten der Zaza (Hauptsächlich aus Siwerek und Kor) , Berlin, 1932.;Malmisanij, Ferheng ê Dimilki-Tirki (Dictionnaire Zaza-Turc), Wesanên Deng, Istanbul, 1992, 431 p.

18Cf. infra, §80, note 125.

19O. Mann. Die Mundart (cf. Bibl. II).

20Cf. J. Blau, Manuel , pp. 155-157; E.H. Ehmed, Rêziman , pp. 172-187; Mck., §243.


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